Bessie Smith : Impératrice du Blues

Bessie Smith : Impératrice du Blues

Puissance, maîtrise, émotion.

 

Ce n’est pas le hasard qui a déposé la couronne (métaphorique) d’impératrice du blues sur la tête de Bessie Smith.

 

Plusieurs caractéristiques rendaient Smith unique — son apprentissage musical sous Ma Rainey, ses chansons sur des femmes libérées, son style clair et simple qui préfigure le rap — mais rien ne la distinguait plus que sa voix.

 

Son chant affiche un phrasé plein d’âme, une interprétation audacieuse et un achèvement presque définitif du blues. Polyvalente, elle était également à l’aise avec la danse et la comédie. Elle était l’artiste noire la mieux payée de son époque et a sans doute atteint un niveau de succès supérieur à celui de tous les artistes afro-américains avant elle.

 

Smith, des « Traveling Shows » à première superstar du disque

Smith est née à Chattanooga, Tennessee en 1894. Comme beaucoup de sa génération, elle rêvait d’échapper à une vie de pauvreté par le biais du show business. Adolescente, elle s’est jointe à un spectacle itinérant de ménestrel, la Moss Stokes Company. Son frère Clarence était comédien avec la troupe, et Smith s’est lié d’amitié avec une autre membre, Gertrude « Ma » Rainey (alias la « Mère du Blues »), qui lui a servi de mentor.

 

 

Après plus d’une décennie d’expérience sur scène, Smith est signée chez Columbia Records en 1923. Bon coup pour l’étiquette puisque son premier enregistrement, « Down Hearted Blues »/« Gulf Coast Blues », s’est vendu à environ 800 000 exemplaires.

 

Smith chantait du country blues brut et brut inspiré de la vie dans le Sud, où les expériences quotidiennes étaient racontées dans un langage clair et simple, un peu comme la musique rap qui allait émerger plus d’un demi-siècle plus tard.

 

Parmi ses titres les plus connus des années 20, mentionnons « Backwater Blues », « Taint Nobody’s Bizness If I Do », « St. Louis Blues » (enregistré avec Louis Armstrong) et « Nobody Knows You When You’re Down and Out ».

 

Apogée, décès et influence

La Dépression porte un coup à sa carrière, mais Smith évolue avec son époque en adoptant un look plus moderne et un répertoire révisé qui incorporait des airs de Tin Pan Alley comme « Smoke Gets in Your Eyes ».

 

Smith décède des suites de blessures subies lors d’un accident de voiture à l’extérieur de Clarksdale, Mississippi, en septembre 1937. Elle laisse derrière elle un héritage riche et influent de cent soixante enregistrements réalisés entre 1923 et 1933. Billie Holiday, Dinah Washington, Sarah Vaughan, Aretha Franklin et Janis Joplin font partie des grandes divas vocales qui ont une dette envers Smith.

 

%d blogueueurs aiment cette page :