Survol du Swing Jazz (1935-1947)

Survol du Swing Jazz (1935-1947)

Le swing, dans la musique, désigne à la fois l’impulsion rythmique de la musique jazz et un idiome spécifique du jazz proéminent entre environ 1935 et le milieu des années 1940, (ce que l’on nomme parfois appelé l’ère du swing).
La musique swing a une dynamique irrésistible qui résulte des attaques et de l’accent des musiciens par rapport à des rythmes fixes.

Le swing est parfois considéré comme une dilution partielle de la tradition du jazz parce qu’il organise les musiciens en groupes plus importants (généralement de 12 à 16 musiciens) et les oblige à jouer une proportion beaucoup plus élevée de musique écrite que ce que l’on croyait compatible avec le caractère fondamentalement improvisé du jazz.

Néanmoins, il s’agit du premier idiome du jazz qui a connu un succès commercial.

L’ère du swing a également apporté de la respectabilité au jazz, avec l’arrivée dans les salles de bal d’Amérique d’une musique jusque-là associée aux bordels de la Nouvelle-Orléans et aux tripots illégaux de l’époque de la Prohibition de Chicago.

 

La naissance de l’ère du Swing

Le début du swing est difficile à cerner.

Le mot « swing » apparaît dans le titre d’un célèbre morceau de Duke Ellington de 1932 intitulé « It Don’t Mean a Thing (If It Ain’t Got That Swing) » et dans une autre chanson de la même année intitulée « Moten Swing » (par Bennie Moten).

Beaucoup d’amateurs éclairés voient dans « Star Dust » de Hoagy Carmichael le premier vrai numéro de swing. « Star Dust » a été composé en 1927 et enregistré pour la première fois en 1929. L’ajout des paroles en 1931, propulse la chanson vers le sommet des palmarès l’année suivante.

La fin de la prohibition, à la fin de 1933, est considérée comme un autre facteur participant à l’essor de la musique swing.

 

Goodman, Shaw et Miller : le Swing dans la stratosphère

Comme pour bien des styles musicaux, c’est le moment de transition vers les palmarès blanc qui marque la rentabilité économique de cette saveur de jazz.

Auparavant, il n’avait eu qu’une acceptation très limitée, surtout parmi le public et les initiés noirs. Au fur et à mesure que la musique a commencé à gagner en popularité dans l’ensemble des États-Unis, un certain nombre de changements se sont produits dans la culture qui entourait la musique. D’une part, l’introduction de la musique swing, avec ses rythmes forts, ses mélodies fortes et son style « swing », a conduit à une explosion de la danse créative dans la communauté noire (les « jitter bugs »).

C’est ainsi vers 1936, date de consécration de Benny Goodman comme « The King of Swing », que la vente des enregistrements de jazz Big Band connaît son plus grand essor.

Vers 1938, le rival de Goodman, le chef d’orchestre et clarinettiste Artie Shaw, devient de plus en plus populaire avec la chanson « Begin the Beguine ».

Le chef d’orchestre et percussionniste d’exception Chick Webb profite également du vent qui tourne en prenant une chanson pour enfants (« A-Tisket, A-Tasket ») et, avec Ella Fitzgerald, en a fait un succès énorme.

Ces deux chansons sont lancées en 1938. L’année suivante, un autre « cool cat » nommé Glenn Miller lance son héneaurme succès « In the Mood ». À cette époque, le clergé et les critiques de musique qualifient la musique swing de dégoûtante, en raison de son caractère « démoralisant et dégradant pour les jeunes gens ».

 

Est-il possible de définir le Swing ?

Dans bien des cas, les orchestres de jazz des années 1920 deviennent les orchestres de swing des années 1930 et 1940.

Le swing se distingue par une forme subtile de syncope qui a émergé pendant les années qui ont suivi la Dépression. Le rythme est ici non binaire et donne un effet de balancier au tout (de là, le « swing »). Il s’agissait pour les amateurs de musique d’une musique idéale pour la danse et pour se remonter le moral, bien bas au cours des années de crise économique précédant la Deuxième Guerre.

Le « Swing », marque également un dopage créatif qui se manifeste dans la complexité des arrangements. Secteur Son, chaque orchestre tente de se différencier par un son unique, un peu comme les groupes rocks modernes.

De plus en plus, les orchestres de swing mettaient en vedette un soliste. En plus de ceux déjà mentionnés, on citera d’autres artistes clés étaient le batteur Gene Krupa, le pianiste Fats Waller, le trompettiste Louis Armstrong, les trombonistes Les Brown et Tommy Dorsey, le saxophoniste Jimmy Dorsey et des chanteurs comme Tony Bennett et Billie Holiday. Un style de riff, ou d’appel et de réponse (à l’image de la structure Blues), s’est développé comme un moyen pour un groupe de soutenir une improvisation en solo.

 

Le « Swing » dans les années 40

Lorsque les États-Unis sont entrés dans la Seconde Guerre mondiale en 1941, l’ère du swing était à son apogée.

Duke Ellington et son orchestre produisent leur chanson thème « Take the A-Train ». L’année suivante, Glenn Miller sort « String of Pearls ». (Fait intéressant : Glenn Miller s’est enrôlé dans l’armée de l’air et a disparu pendant un vol vers Paris en 1944.)

La même année, Doris Day chante « Sentimental Journey » en compagnie de Les Brown and His Band of Renown. Alors que l’Amérique passait de la dépression à la Seconde Guerre mondiale, la musique swing contribuait à garder les esprits en éveil et le pied alerte.

Une tendance intéressante de l’époque du swing est l’adaptation de thèmes de la musique classique et populaire interprétés au rythme swing. Le pianiste Freddy Martin a adapté Tchaïkovski, un morceau de Rimski-Korsakov, et Khachaturian. Glenn Miller fait de même avec Dvorak. Sans compter que des musiciens comme Stravinsky s’intéressent également au genre.

 

La mort du swing

La musique swing a amorcé un lent déclin vers 1947, l’année où sa popularité est tombée en chute libre.
Même si on ne peut pointer aucun facteur précis, les historiens du jazz estiment que le public original n’a pas su se renouveler. Plusieurs anciens amateurs visaient davantage à établir un foyer plutôt que de fréquenter les salles de danse.

La dilution des mélodies complexes d’avant 1936 pour satisfaire les oreilles du grand public au profit des arrangements a également donné une réputation « pépère » au style, détrôné par des styles beaucoup plus rythmés comme le rythm’n’blues ou le jump blues. L’arrivée du bebop lance les amateurs sur une nouvelle piste, plus éclectique et où l’expérimentation a une place de choix (du moins, pour le moment).

La grève générale des musiciens de 1942 à 1944 ainsi que l’interdiction d’enregistrer de 1948-1949 émise par le même syndicat, et qui touche également la diffusion radio, fait éclater les grands orchestres et permet aux genres jugés mineurs (pratiqués par des musiciens non syndiqués, donc le hillbilly et le blues) de gagner des adeptes. Cette situation, couplée à une surtaxe de 20 % sur les entrées des salles de danse, achève la culture swing.

 

Le Swing Revival des années 90 : l’imposture rock’n’roll

Il est intéressant de noter que le mouvement Swing Revival, un ovni éphémère des années 1990 ramené par des groupes comme Cherry Poppin’ Daddies, Royal Crown Revue et Brian Setzer, n’était pas vraiment du swing, mais de l’orchestration swing sur un rythme R&B.

Un premier revival au cours des années 70, plus discret cette fois, représente davantage l’esprit original de la forme, autant par sa rythmique que par les arrangements. Outre la mise sur pied de tournées par les artistes originels au cours des années 60 et 70, de jeunes musiciens reprennent le swing de près : Dan Hicks and His Hot Licks, David Grisman, Manhattan Transfer et même Bette Midler. Deux orchestres ont également sévi à Seattle au cours des deux dernières décennies, le New Deal Rythm Band et Horns’O’Plenty.

 

Petit précis des personnalités importantes du Swing

 

Chefs d’orchestre :

Count Basie, Charlie Barnet, Les Brown, Cab Calloway, Benny Carter, Jimmy Dorsey, Tommy Dorsey, Duke Ellington, Shep Fields, Benny Goodman, Glen Gray, Erskine Hawkins, Fletcher Henderson, Woody Herman, Tiny Hill, Earl Hines, Harry James, Louis Jordan, Hal Kemp, Gene Krupa, Kay Kyser, Jimmie Lunceford, Glenn Miller, Red Norvo, Gloria Parker, Louis Prima, Buddy Rich, Fred Rich, Artie Shaw, Charlie Spivak, Chick Webb

Arrangements :

Van Alexander, Ralph Burns, Toots Camarata, Benny Carter, Buck Clayton, Ray Conniff, Eddie Durham, Duke Ellington, Bill Finegan, Jerry Gray, Bob Haggart, Buster Harding, Lennie Hayton, Neal Hefti, Fletcher Henderson, Horace Henderson, Gordon Jenkins, Thad Jones, Michel Legrand, Billy May, Jimmy Mundy, Sy Oliver, Nat Pierce, Johnny Richards, Edgar Sampson, Eddie Sauter, Billy Strayhorn, Ernie Wilkins, Mary Lou Williams

 

Clarinettistes :

Buster Bailey, Barney Bigard, Kenny Davern, Buddy DeFranco, Benny Goodman, Edmond Hall, Jimmy Hamilton, Woody Herman, Peanuts Hucko, Ken Peplowski, Russell Procope, Artie Shaw, Bob Wilber

 

Saxophone :

Harry Allen (ténor), Georgie Auld (ténor), Charlie Barnet (ténor, alto et soprano), Tex Beneke (ténor), Chu Berry (ténor), Sam Butera (ténor), Ernie Caceres (baryton), Benny Carter (alto et trompette), Arnett Cobb (ténor), Eddie « Lockjaw » Davis (ténor), Herschel Evans (ténor), Jimmy Dorsey (alto et clarinette), Frank Foster (ténor), Bud Freeman (ténor), Paul Gonsalves (ténor), Glen Gray (alto), Scott Hamilton (ténor), Otto Hardwick (alto), Coleman Hawkins (ténor), Johnny Hodges (alto et soprano), Illinois Jacquet (ténor), Louis Jordan (alto et tenor), Al Klink (tenor), Eddie Miller (tenor), Vido Musso (ténor et clarinette), Charlie Parker (alto) ; également un pionnier du bebop), Tony Pastor (ténor), Flip Phillips (ténor), Russell Procope (alto et clarinette), Zoot Sims (ténor et soprano), Willie Smith (alto), Buddy Tate (ténor), Lucky Thompson (ténor), Earle Warren (alto), Ben Webster (ténor), Frank Wess (alto, ténor et flûte), Lester Young (ténor)

 

Trompette :

Cat Anderson, Louis Armstrong (cornet on early recordings), Bunny Berigan, Ruby Braff (and cornet), Billy Butterfield, Doc Cheatham, Buck Clayton, Bill Coleman, Harry Edison, Roy Eldridge, Ziggy Elman, Bobby Hackett (and cornet), Harry James, Jonah Jones, Hot Lips Page, Louis Prima, Ray Nance (et violon), Charlie Shavers, Charlie Spivak, Rex Stewart (cornet), Clark Terry (et fluegelhorn), Doc Severinsen, Warren Vaché, Cootie Williams, Dizzy Gillespie (également un pionnier du bebop)

 

Trombone:

Dan Barrett, Will Bradley, Lawrence Brown, Cutty Cutshall, Vic Dickenson, Tommy Dorsey, Eddie Durham, J. C. Higginbotham, Jack Jenney, Glenn Miller, Fred Rich, Jack Teagarden, Juan Tizol, Dicky Wells, Trummy Young

Piano:

Count Basie (et orgue), Milt Buckner (et orgue), John Bunch, Joe Bushkin, Nat King Cole, Duke Ellington, Slim Gaillard, Johnny Guarnieri, Fletcher Henderson, Earl Hines, Dick Hyman, Hank Jones, Nat Jaffe, Billy Kile, Dave McKenna, Marian McPartland, Jay McShann, Jelly Roll Morton, Jack Perciful, Oscar Peterson, Nat Pierce, Mel Powell, Sammy Price, Jess Stacy, Joe Sullivan, Ralph Sutton, Art Tatum, Johnny Varro, Fats Waller (et orgue), Dick Wellstood, Teddy Wilson, Mary Lou Williams, Bob Zurke

Guitare :

Howard Alden, Oscar Aleman, Irving Ashby, George Barnes, Al Casey, James Chirillo, Charlie Christian, Eddie Condon, Dick McDonough, Eddie Durham, Chris Flory, Herb Ellis, Slim Gaillard, Freddie Green, Marty Grosz, Barney Kessel, Carl Kress, Biréli Lagrène, Nappy Lamare, Eddie Lang, Carmen Mastren, Oscar Moore, Django Reinhardt, Allan Reuss, Duke Robillard, Bucky Pizzarelli, John Pizzarelli, Brian Setzer, Frank Vignola

Basse :

Artie Bernstein, Jimmy Blanton, Bob Haggart, Milt Hinton, John Kirby, Walter Page, Slam Stewart
Drums: Sid Catlett, Sonny Greer, Jo Jones, Gene Krupa, Jackie Mills, Buddy Rich, Chick Webb
Vibraphone: Lionel Hampton, Red Norvo

Marimba :

Gloria Parker

Violon :

Svend Asmussen, Stephane Grapelli, Ray Nance, Eddie South, Joe Venuti, Helmut Zacharias

 

Accordéon:

Art Van Damme, John Serry Sr.

 

Chanteurs et chanteuses:

Martha Tilton, Bea Wain, Bob Eberly, Ray Eberle, Dean Martin, Dick Haymes, Frank Sinatra, Sammy Davis, Jr., Tony Bennett, Tex Beneke, Helen Ward, Helen Forrest, Helen O’Connell, Marion Hutton, Kitty Kallen, The Andrews Sisters, Billie Holiday

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