Apogée et déclin du rock instrumental (1956-1966)

Apogée et déclin du rock instrumental (1956-1966)

Parmi les nombreux changements subis au cours des quatre premières décennies dans l’univers de la radio, c’est la disparition des instrumentaux rock qui est considérée comme l’une des pertes les plus douloureuses pour les amoureux de la musique pop.

 

 

Pourtant, entre 1956 et 1966, on ne compte pas moins de 250 chansons dans le top 40 qui se classait sous la bannière du rock instrumental. La première pièce répertoriée est « Honky Tonk » de Bill Dogget. La dernière pièce qui clôt l’âge d’or des instrumentaux du rock, hors quelques hoquets disco et la pièce « Harlem Shake » en 2013 (première pièce instrumentale sur les palmarès depuis 1993), est une pièce de Herb Alpert and the Tijuana Brass (« A Taste of Honey »).

 

Les facteurs qui ont favorisé la rock instrumental : éclectisme du AM et culture du concert « live »

La popularité des instrumentaux rock entre les années 50 et mi-60 s’explique par deux facteurs, l’absence de format radio chez les diffuseurs commerciaux d’alors et la popularité montante des « dance bands » électriques qui allaient être supplanté — au cours des années 70 — par les disc-jockeys et la musique préenregistrée dans les bars et les pubs.

 

 

Le AM régional : mélange des styles et culture musicale

Le premier facteur, l’absence de formats radio, découle de la fragmentation des marchés radios des années 50 et 60 qui étaient locales et non constituantes d’un réseau national.

 

Ce facteur a également favorisé l’apparition des groupes de garage rock. La radio AM de l’époque ne rechignait pas devant l’éclectisme. Les succès rock y côtoyaient sans complexe les standards jazz, le « easy listening », le folk pop, ainsi que le country (il est utile de se rappeler que le rock est une formé mâtinée de country « hillbilly » et de blues).

 

On comprendra donc mieux pourquoi des classiques jazz et blues comme « Night Train » de Jimmy Forrest et « Peter Gunn Theme » de Ray Anthony, n’ont pas tardé à évolué vers une forme rock.

 

 

Culture du concert « live » et déclin sous l’influence des « house party » et des clubs go-gos

Quand au second facteur, la préférence des promoteurs de bars et de salles de danse pour les groupes « live », il représentait une tradition « de facto » sur le sol américain.

 

Le culture du disc-jockey et de la musique préenreegistrée dans les salles de danse et les bars n’a débuté à s’imposer progressivement des les années 60 sous la double influence de « house party » des quartiers noirs et latino et celle des « discothèques ou go-go » européennes qui préférait diffuser des pièces de danse rythm and blues (dans les années 40), de soul (vers la fin des années 50 et au cours des années 60), de funk (au milieu des années 60).

 

Les facteurs économiques des années 70, la montée du stadium rock et l’arrivée du disco sonneront le glas de la culture du « live » dans les salles plus modestes.

 

 

Dernier replis de l’instrumental rock, la télévision

 

Le rock instrumental, banni des ondes de la radio par l’arrivée du FM et de la consolidation de l’industrie radio sous des bannières nationales et la morosité économique des années 70, s’épanouira un certain temps à travers les thèmes d’émission télé et au cinéma.

 

Quelques pièces représentatives de rock instrumental

 

Green Onions—Booker T & The MGs

Honky Tonk — Bill Doggett

Walk Don’t Run— The Ventures

Pipeline— The Chantays

Night Train—Jimmy Forest

 

Wipe Out— The Surfaris

 

Rumble—Link Wray

 

Rebel Rouser—Duane Eddy

 

Misirlou—Dick Dale

 

Sleepwalk—Santo and Johnny

 

Tequila—Champs

 

The Deacon’s Hop—Big Jay McNeely

 

Cissy Strut— The Meters

 

Memphis—Lonnie Mack

 

Apache— The Shadows

 

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